Licence VS prépa : quelles différences ?
- 15 déc. 2025
- 4 min de lecture
Quand on veut étudier la littérature et la langue française, on a généralement deux branches qui s'ouvrent à nous : une licence de lettres à l'université ou une prépa littéraire, aussi appelée CPGE ou A/L (et B/L avec sciences sociales et maths). En terminale, beaucoup de lycéen·es se questionnent sur leur orientation : quelles études choisir ? Car oui, le contenu de la formation, les débouchés et la manière de travailler ont un impact sur le parcours d'études.

Des débouchés qui diffèrent...
Une des plus grandes différences entre la prépa et la licence est leurs débouchés. Les sciences humaines, l'art et la culture, oui, mais pas pour aller au même endroit.
Concours des grandes écoles : les prépa sont surtout destinées à former des étudiant·es qui souhaitent tenter des concours prestigieux comme ceux de l'ENS, de l'Ecole de Chartes ou de Sciences Po. Bien que la concurrence soit rude, le mythe de la prépa comme compétition féroce n'est pas valable dans toutes les promos !
Poursuite d'étude à l'université : une licence ouvre directement les portes à la poursuite d'étude en master voire en doctorat par la suite. Après la prépa, généralement effectuée en deux ou trois ans, il est tout de même possible de continuer ses études à la fac (en lettres notamment).
L'enseignement reste la voie commune à ces deux formations. En effet, une licence prépare généralement tout aussi bien que la prépa aux métiers de l'enseignement de littérature.
Deux formations différentes
Si les deux parcours ont pour objet la littérature française, elle n'est pas abordée de la même façon. La licence de lettres, qu'elle soit classique (axée sur l'Antiquité) ou moderne, offre un large panorama de la culture littéraire, de l'expression écrite, orale et des spécificités de la langue. La prépa est plutôt réputée pour être pluridisciplinaire, c'est-à-dire que des disciplines comme la philosophie et l'histoire sont encore enseignées. En licence, elle sont plus souvent des options ou des mineures. Dans les deux cas, des langues vivantes et anciennes sont généralement proposées et la lecture et l'analyse d'oeuvres reste le socle commun.
Malheureusement, il est compliqué de les distinguer intégralement puisque chaque université et chaque prépa est différente. D'autant plus que le choix de parcours et de spécification est large, ce qui donne des formations toutes plus uniques les unes que les autres. Mais voici quelques critères que j'ai pu découvrir en interrogeant différents étudiant·es de lettres et de prépa littéraire :
Les matières : par exemple, la grammaire, la linguistique et les matières sur la langue en général sont moins approfondies en prépa.
La rédaction : réputée pour être une formation plus encadrée, on fait généralement plus de dissertations et de commentaires en prépa qu'en licence. Cela est notamment dû aux devoirs hebdomaires qui préparent aux différents concours.
Les langues vivantes : d'après plusieurs témoignages, la prépa semble former davantage à l'apprentissage de plusieurs langues vivantes, qui restent souvent des options en licence de lettres.
Et la difficulté dans tout ça ?
On a tous déjà entendu quelqu'un comparer ces deux types d'études par le prisme de la difficulté. Parlons plutôt de charge de travail. En effet, un·e étudiant·e à l'université n'étudie pas dans les mêmes conditions que celui ou celle qui est en prépa.
Lieu d'apprentissage : la plupart du temps, les prépa sont enseignées dans les établissements d'enseignement secondaire, ce qui est bien différent du fonctionnement de l'université, lieu nouveau auquel sont confrontés les jeunes étudiant·es.
Emploi du temps : un·e étudiant·e à l'université a en moyenne 20 h de cours par semaine, alors qu'un·e étudiant·e en prépa possède souvent un emploi du temps plus chargé, similaire à celui du lycée.
Un enseignement différent : si chaque professeur·e est qualifié·e pour sa matière, il n'en reste pas moins que la prépa est plus encadrée que la fac, où les promos sont plus grandes (des centaines VS une vingtaine en prépa). Il y a généralement bien plus de devoirs et de suivi en prépa alors que l'université engage davantage l'autonomie et le travail personnel des étudiant·es.
Les lectures : la prépa est bien connue pour ses lectures obligatoires beaucoup plus nombreuses qu'en licence. Cela demande souvent plus de préparation avant même que la formation ne débute. Au moins, la culture littéraire est sans arrêt travaillée !
Les Khôlles sont un bon exemple de la charge importante de travail : ce sont des oraux d'une heure face à un professeur pour commenter un texte ou disserter, souvent toutes les deux semaines. Cela développe de nombreuses compétences d'expression orale et d'analyse !
Mais faut-il encore y accéder...
Vous le savez sûrement mais la prépa est bien plus sélective qu'une licence. Il faut avoir des bonnes notes dans les matières littéraires et parfois passer des entretiens. Avoir un projet et vouloir passer les concours est privilégié. Les licences, elles, disposent généralement de plus de places. Les lettres sont d'ailleurs réputées pour être une filière peu demandée et donc peu sélective, mais certaines ont des parcours spécifiques et peuvent être restreintes.
Important à savoir : la majorité des CPGE sont publiques et gratuites (hors frais d'inscription universitaires). Si la prépa est proposée par un lycée privé, il faut payer des frais de scolarité. En moyenne autour de 2000 euros par an, un critère à considérer selon le choix d'établissement.
La prépa en détail
J'aimerais clôturer cet article avec quelques précisions sur le fonctionnement de la prépa pour ceux que ça intéresse !
La première année s'appelle l'Hypokhâne, elle est plutôt généraliste. La deuxième année se nomme Khâne où l'on choisit une spécialité (lettres modernes, philosophie, histoire-géo, langues...). Quand on redouble la deuxième année pour retenter les concours, on appelle ça une cube et cela est plutôt courant.
Faire une prépa n'est jamais une perte de temps grâce aux crédits ETCS (unité de mesure commune dans l’enseignement supérieur en Europe). Ainsi, un·e étudiant·e qui valide son année de prépa obtient ses équivalences et peut se réorienter directement en L2 ou en L3 à la fac, sans perdre d'année !
Si aujourd'hui la frontière entre prépa et licence de lettres se brouille, c'est avec les doubles licences. Par exemple Lettres-Philosophie ou Lettres-Histoire. Elles sont sélectives mais offrent une alternative pour garder l'autonomie de la fac mais l'aspect complet de la prépa.
En fin de compte, il n'y a pas de meilleur choix, mais
simplement deux manière d'étudier la littérature !


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